Titre :
Le portage refuse son mariage avec l'intérim
Date :
Mars 2008.
Auteur :
Les Echos
Remarque :
Aucune.
Le portage refuse son mariage avec l'intérim
"L'accord sur la modernisation du marché du travail prévoit le rattachement du portage salarial à la branche du travail temporaire. Une perspective àlaquelle s'opposent les entreprises du secteur.
Le texte n'occupe que quelques lignes, mais suscite bien des remous. Dans son article 19, l'accord interprofessionnel sur la modernisation du marché du travail, conclu le 11 janvier dernier, décrit le portage salarial comme une activité « entachée d'illégalité », qu'« il est souhaitable d'organiser ». Avant de conclure : « la branche du travail temporaire organisera, par accord collectif étendu, la relation triangulaire » entre le porté, sa société de portage et son entreprise cliente.
Le portage salarial rattaché à l'intérim à « C'est incohérent, il s'agit de deux formes de travail distinctes », s'exclame Gilles Guilhaume, PDG d'Ad'Missions, société de portage et vice-président du Syndicat national des entreprises de portage salarial (SNEPS), qui représente 70 % du chiffre d'affaires de la profession. Une opposition relayée par les deux autres syndicats, la FeNPS et l'Uneps. Certes, intérim et portage mettent tous deux à disposition des entreprises des travailleurs (intérimaires pour le premier, professionnels autonomes pour le second), qu'elles emploient via un contrat de travail. Pourtant, tandis que l'intérimaire se voit confier ses missions, le porté recherche lui-même son activité. Et peut ainsi cumuler les avantages du salariat tout en restant autonome. Stéphane Hamann, trente-six ans, est designer, porté par la société Ad'Missions. « En bénéficiant d'un contrat de travail, le portage me permet de me débarrasser des formalités administratives », explique-t-il. Employé en CDD, il perçoit une rémunération nette égale à 50 % de son chiffre d'affaires, le reste étant retenu en cotisations sociales et prélevé par la société de portage..."